Présentation du Ministère
Dans
ce pays créole de la Caraïbe, une grande
sécheresse affectait un village : « (
)
Les fleurs les plus rouges sétaient prises
de feu dans des soupirs de soufre ; les autres, jaunes,
blanches et orange, sétaient muées
en une paille ocre quéternuaient les
boeufs, les mulets, les cabris et les poules, ménagerie
exsangue auprès du deuil des sources. (
)
». Un enfant parut qui demanda à lassemblée
réunie par les pères dominicains quel
genre de pluie ils souhaitaient. « Donne-nous
la petite », dit lun des pères
sans y croire. Ce souhait, depuis, toute la commune
le regrette, car depuis seize générations,
il ne pleut même en saison des pluies-,
que « des pluies solitaires et débiles
», si bien que ce lieu connaît toujours
« la sécheresse irrémédiable
des tétés de vieilles femmes ».
Dans le second conte, Ti-zèb reçoit
pour seul héritage de sa grand-mère,
un accra (petit beignet). De maison en maison, Ti-zèb
use dun stratagème à répétitions
qui lenrichit, en usant de la crédulité
de ses hôtes. Son accra se trouve troqué
contre un coq, le coq contre un bélier, le
bélier contre un boeuf, le boeuf contre un
cadavre quil fait passer pour son frère
assassiné dans la maison dun riche homme.
Lhomme lui fait choisir entre la maison ou une
fille comme épouse
Ces textes se prêtent à des lectures
à haute voix par le maître, eu égard
à loriginalité de la langue de
lauteur et conformément à lincipit
«
je reprends la parole là où
vous laviez laissée
». Linterprétation
des illustrations en noir, rouge et jaune de W. Wilson,
artiste franco-togolais, aidera les élèves
à reformuler ces deux histoires. Le vocabulaire
des couleurs présent dans le texte de P. Chamoiseau
(en particulier dans le début du premier récit)
est en correspondance avec une mise en images de type
fresque ou tapisserie. Dans cette perspective, on
pourra demander ponctuellement aux élèves
dassocier expressions et dessins dans les doubles
pages. Les personnages hauts en couleurs, les situations
tantôt burlesques, tantôt cruelles, et
le style poétique parsemé de phrases
en créole mêlent le quotidien villageois
à la magie.
Dans le deuxième conte, on trouve Ti-zèb,
personnage rappelant Ti-Jean (ou Ti-Jan) présent
dans la Caraïbe et dans l'Océan Indien,
avec de nombreuses variantes qui évoque dans
la tradition européenne le Petit (Poucet
).
Sa trajectoire personnelle est toujours la même
: bien que pauvre ou dans le malheur, par son intelligence
et sa débrouillardise, et usant de ruse, il
parvient à ses fins au détriment des
riches. Il représente la lutte pour la réussite.
Dans cette perspective, on pourra lire en réseau
dautres contes de la Caraïbe afin den
rechercher les éléments récurrents.
Parmi les titres disponibles, on citera de Mimi Barthélémy,
Malice et lâne qui chie de lor et
autres contes dHaïti (Syros), de Praline
Gay-Para, La petite cafarde Martina et autres contes
de la Caraïbe (Lécole des loisirs)
et Oriyou et le pêcheur et autres contes de
la Caraïbe, (Lécole des loisirs)
et de Thérèse Georgel, Contes et légendes
des Antilles (Pocket Junior). |